Etymologiquement dessin sur pierre, la lithographie se distingue des autres modes d’impression par le fait qu’il n’y a ni creux ni relief. La composition n’est pas gravée, mais dessinée sur une pierre calcaire. Celle-ci à été préalablement grainée par ponçage pour pouvoir recevoir le dessin.

Procédé à plat, la lithographie est mise au point en 1796 par l’autrichien Aloys Senefelder, qui en obtient le privilège exclusif pendant 15 ans, auprès du Roi de Bavière. Dans l’esprit de son inventeur, cette technique n’était pas spécifiquement destinée à l’estampe, mais surtout au texte et à la musique. Il est vrai que ce procédé révolutionna l’impression de partitions : la typographie ne permettait pas la reproduction de portées musicales de manière satisfaisante.

Très critiquée au début par quelques sceptiques ne trouvant en cette technique qu’une piètre mode de graphisme sans avenir, la lithographie va prendre au cours des années, et surtout à la fin du XIXe siècle, un nouvel élan, au point d’être encore de nos jours l’une des techniques les plus connues et appréciées des collectionneurs.

Introduite en France par Louis-François Lejeune, qui la découvrit dans l’atelier de Senefelder, elle y connut rapidement un grand succès. Cet engouement est sans aucun doute en partie imputable à la facilité de son exécution : là où il fallait des années d’apprentissage pour maîtriser l’art de la gravure, l’artiste n’a plus qu’à dessiner directement sur la pierre préalablement préparée. Sous l’Empire et sousla Restauration, la lithographie sera très appréciée pour édifier la propagande politique.

Sur le plan technique, la lithographie se pratique sur une pierre calcaire (à l’origine celle de Solenhofen, proche de Munich) de grande densité, et d’au moins 5 à10 cmd’épaisseur pour éviter la casse. Quant au procédé lui-même, il repose sur le principe de répulsion entre l’eau et les surfaces grasses. La pierre calcaire est préalablement traitée par un mordant (solution de gomme et d’acide nitrique), puis le dessin est exécuté à l’envers (ou sur un papier report) et à la craie grasse ou à l’encre grasse d’imprimerie ; la pierre ensuite humidifiée ne va retenir l’encre que sur les parties où l’artiste a déposé la craie grasse. Une feuille de papier est déposée sur la pierre et l’ensemble est passé sous la presse lithographique. Pour chaque nouvelle impression, il faut humidifier et encrer à nouveau la pierre. Le résultat donne un effet de dessin au crayon, mais on peut reconnaître le grain typique de la pierre.

Cette technique d’impression permet la reproduction en de multiples exemplaires, contrairement au bois de fil ou au cuivre qui s’usent rapidement.

De grands artistes s’en emparent rapidement à travers toute l’Europe, dont les paysagistes romantiques. Avec Daumier et Gavarni, elle sert à la satire sociale et politique. Les imprimés utilitaires, notamment les journaux illustrés et les affiches, vont la populariser. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, elle connaîtra un essor particulier, initié par Bresdin et Manet. Elle va attirer de nombreux peintres, parmi lesquels les Nabis Bonnard et Vuillard. Il faut dire que la lithographie offre un grain irrégulier – celui de la pierre, et non celui du papier – proche du rendu d’un dessin.

Au XXe siècle, elle maintient sa double fonction de moyen d’expression artistique – Picasso réalise d’innombrables lithographies – et d’impression publicitaire de masse : affiches, étiquettes, etc.

 

La linogravure utilise le linoléum comme support de base. Travaillé en taille d’épargne comme le bois, le linoléum (matériau inventé en 1863) sera utilisé durant tout le XXe siècle et jusqu’à nos jours. Son faible coût, et la facilité avec laquelle il se travaille (au couteau et à la gouge) en font un concurrent immédiat du bois : le linoléum offre l’avantage d’être une matière souple, plus tendre, donc plus facile à tailler que le bois. Cependant, il ne permet que peu de finesse (moins encore que le bois de fil). On creuse ce qui doit rester blanc : ainsi les parties à encrer forment un relief. Le revêtement qu’est le linoléum n’a pas été tout de suite employé par les artistes comme support d’impression. Il sera très utilisé par les imprimeurs pour la réalisation de typographie géante pour les affiches. Bien que l’on ait tendance à le considérer comme un art mineur, des artistes comme Matisse ou Picasso l’utiliseront. Jean Vodaine, poète, typographe, graveur et éditeur lorrain pratiquait très volontiers cette technique, notamment pour ses poèmes-affiches : la gravure sur linoléum était alors montée sur une planche de bois pour permettre un usage sur presse typographique avec le texte.

Au XIXe siècle, l’usage du bois de bout (ou debout, les deux orthographes sont justes) se répand dans l’illustration des journaux notamment. On attribue l’initiative de cette technique à l’Anglais Elisha Kirkall, en 1712. À la fin du XVIIIe siècle, l’anglais Thomas Bewick pousse ce nouveau procédé de gravure sur bois à son apogée (c’est d’ailleurs souvent lui qui est retenu comme inventeur du procédé). Au lieu de travailler sa planche dans le sens des fibres, il taille celle-ci perpendiculairement au fil du bois et la débite en petits cubes, assemblés par un jeu de vis, de chevilles ou simplement collés. En utilisant un bois plus dur, le buis, le houx ou le hêtre, il peut obtenir un travail d’une grande finesse. Le graveur travaille désormais le bois au burin, et les possibilités de tirages sont bien plus importantes qu’avec un bois de fil, tout en conservant l’aspect très pratique de la xylographie, qui permet d’imprimer texte et images simultanément (puisqu’il s’agit de traits en relief pour l’un comme pour les autres).

En France, suite aux conflits entrela Franceet l’Angleterre entre 1793 et 1815, il faudra attendre 1816 pour rencontrer les premières vignettes gravées en bois debout. Cette technique va être intensément utilisée durant la période romantique, notamment par les illustrateurs Tony Johannot, Ernest Meissonnier, Paul Gavarni… Mais c’est Gustave Doré qui la poussera le plus loin. Les prouesses techniques des tailles étant de plus en plus complexes, la gravure sur bois de bout deviendra une méthode purement artisanale, laissant peu de place à la spontanéité artistique.

Ce procédé sera en outre utilisé pour la gravure d’interprétation qui permet de reproduire très fidèlement les tableaux des grands maîtres. On parle dans ce cas de bois de teinte, où l’art du traducteur consiste à rendre les valeurs par des traitements différents. Le bois de teinte a pu exister en couleur, il s’agissait alors de graver une planche par coloris ; cette technique est appelée chromoxylographie.

Parfois, au XIXe siècle, pour gagner du temps, la planche de bois était peinte en blanc et l’artiste dessinait directement dessus afin d’éviter le travail de report aux graveurs.

Cette technique, très utilisée entre 1752 et 1870, se reconnaît par la multiplication des détails : les réserves blanches étant particulièrement difficiles à obtenir dans des bois durs aux fibres très denses, le dessinateur multiplie les détails pour faciliter le travail du graveur.

Une estampe est l’empreinte réalisée à l’encre sur un support souple à partir d’une matrice. C’est donc une image, dans l’acceptation la plus large du terme, imprimée sur papier. Le monde de l’estampe est tant celui des techniques d’impression que celui de l’art. Grâce à elle, les hommes ont pu multiplier et diffuser des images.

Très vite, les artistes ont saisi les avantages de ce moyen d’expression majeur et s’en sont servi pour réaliser des œuvres d’art à part entière. L’estampe se distingue donc de la peinture et du dessin du fait qu’elle est imprimée et peut donc exister, en principe, à plusieurs exemplaires. Son support privilégié étant le papier, elle fait partie des arts graphiques.

Elle est souvent synonyme de gravure, car une plaque de bois ou de métal est gravée pour obtenir la matrice d’impression. Le mot estampe est toutefois plus générique que celui de gravure, car il comprend aussi les images imprimées par report ou par contact, sans qu’il n’y ait de gravure à proprement parler.

De la gravure sur bois à la sérigraphie, un grand nombre de techniques se succèdent ou se côtoient, au cours de ces six derniers siècles, pour donner corps à l’image imprimée. Celles-ci se divisent en 4 grandes familles :

> La taille d’épargne ou gravure en relief

> La taille-douce ou gravure en creux

> Les procédés à plat

> Les procédés photomécaniques

À ces 4 familles, s’ajoute aujourd’hui pour certains, suivant l’acceptation du terme « estampe », les procédés d’impression numérique. Mais cette acceptation fait encore souvent polémique…

Le 5 juin 2011, l’espace Clément Kieffer, situé à Varize, a ouvert ses portes sur une nouvelle exposition de cet artiste du cru. Baptisée « Tranches de vie », cette présentation permet aux visiteurs de (re)découvrir le graveur lorrain à travers estampes, photographies, illustrations, archives, dessins, articles de presse … A travers ces documents, en filigrane se dégage le travail de l’artiste, mais aussi la vie quotidienne d’un homme témoin de son temps.

L’espace Clément Kieffer de Varize est ouvert tous les dimanches, de mars à novembre, de 14h à 18h.

Premier né d’une famille de 10 enfants, Louis Dominique Ethis voit le jour à Metz le 10 novembre 1736. Il entreprend des études de droit à l’Université de Pont-à-Mousson et sera brillament reçu à seulement 18 ans, comme avocat au Parlement de Metz.

Quelques années plus tard, en 1762, il est nommé premier secrétaire de l’intendant de Franche-Comté. Cette fonction l’amènera à entretenir avec le seigneur de Ferney, plus connu sous le nom de Voltaire, une correspondance soutenue. Le philosophe éclairé le qualifie de personnage « aussi sage que zélé pour la bonne cause ». Ce qui le conduit naturellement à être reçu à l’Académie des Belles-Lettres de Besançon.

Ainsi introduit dans le beau monde, Ethis acquiert en 1772 la charge de commissaire des guerres. A ce titre, il reçoit le serment des officiers novices, dont celui du jeune capitaine de La Fayette, première rencontre d’une longue série entre ces deux hommes.

Cette même année, lors de la liquidation des biens du châtelain Nicolas-François Léopold, il achète le château de Corny et ses dépendances, et en sera propriétaire jusqu’en 1779. Il entreprend la restauration de l’édifice et annoblit son nom en y apposant celui de ses terres. A cette époque, il est également nommé correspondant à la Société Royale des Sciences et des Arts, aujourd’hui Académie nationale de Metz.

En 1780, l’histoire le rapproche à nouveau de La Fayette : ce dernier se voit confier une mission préparatoire au secours des insurgénts d’Amérique. Ethis de Corny en sera l’intendant et quitte la France en mars 1780 à bord de la frégate l’Hermione

Aux portes de l’évêché de Metz, Prény représente l’ultime bastion du duché de Lorraine, d’où la construction d’un château fortifié… Classé monument historique depuis 1862, ce château devint un symbole de souveraineté des ducs de Lorraine jusqu’au démantèlement du château en 1636. « Priny ! » était le cri de guerre des armées des Ducs de Lorraine. Aujourd’hui, il en reste de magnifiques ruines qui font le régal des promeneurs. Juché sur un promontoire duquel on domine la vallée du Rupt de Mad, le château offre un point de départ à de nombreuses randonnées : forêt, champs à perte de vue… et de bonnes adresses de fermes à proximité. Je conseille en particulier les fromages de la ferme de la Souleuvre (http://www.fermedelasouleuvre.fr/) : tomme affinée à la mirabelle et boutons de culotte, un régal !

Entre Metz et Pont-à-Mousson, le long de la Moselle, s’égrainent de petits villages pittoresques où il fait bon se promener. Malgré les conflits traversés par cette région, ces villages ont su entretenir un cadre agréable et soigné où le patrimoine historique est souvent mis en valeur. Parmi tous ces villages, ma préférence va naturellement à Corny-sur-Moselle. Détruit à plus de 80% pendant la seconde guerre mondiale, ce village a malgré cela su aménager des espaces naturels où il fait bon se promener en toute saison… même en hiver !

Pour tous les amoureux de nature et d’escalade, la Lorraine offre des sites variés et superbes ! Hormis le département des Vosges qui offrent de multiples surfaces équipées, ma préférence va à Lérouville. Petite ville dans la Meuse, à proximité de Commercy, Lérouville propose d’anciennes carrières équipées pour les grimpeurs. Pour les simples spectateurs, un grand espace de recul permet d’admirer les performances sportives en toute sécurité, et de s’aménager un espace pique-nique personnel, sans être les uns sur les autres, le tout dans un cadre bucolique ! Alors, laissez-vous bercer par le doux sifflement des oiseaux de Lérouville !

Cette année, Pont-à-Mousson fête ses 750 ans, l’occasion pour la ville de mettre culture et patrimoine à l’honneur. Après un week-end festif début avril qui a ouvert le bal, en lien avec l’Association des amis de l’imagerie d’Epinal, nous est proposée une conférence sur l’imagerie populaire en Lorraine. Alors, tous au rendez-vous, le 14 mai à 17h, à la Chapelle de l’institut, rue de l’Institut Magot. La conférence sera précédée d’une animation devant le public par la mise en couleur au pochoir des dernières Images d’Épinal numérotées de la ville.

http://www.ville-pont-a-mousson.fr/fichiers/activites/actualite.asp