Au XIXe siècle, l’usage du bois de bout (ou debout, les deux orthographes sont justes) se répand dans l’illustration des journaux notamment. On attribue l’initiative de cette technique à l’Anglais Elisha Kirkall, en 1712. À la fin du XVIIIe siècle, l’anglais Thomas Bewick pousse ce nouveau procédé de gravure sur bois à son apogée (c’est d’ailleurs souvent lui qui est retenu comme inventeur du procédé). Au lieu de travailler sa planche dans le sens des fibres, il taille celle-ci perpendiculairement au fil du bois et la débite en petits cubes, assemblés par un jeu de vis, de chevilles ou simplement collés. En utilisant un bois plus dur, le buis, le houx ou le hêtre, il peut obtenir un travail d’une grande finesse. Le graveur travaille désormais le bois au burin, et les possibilités de tirages sont bien plus importantes qu’avec un bois de fil, tout en conservant l’aspect très pratique de la xylographie, qui permet d’imprimer texte et images simultanément (puisqu’il s’agit de traits en relief pour l’un comme pour les autres).

En France, suite aux conflits entrela Franceet l’Angleterre entre 1793 et 1815, il faudra attendre 1816 pour rencontrer les premières vignettes gravées en bois debout. Cette technique va être intensément utilisée durant la période romantique, notamment par les illustrateurs Tony Johannot, Ernest Meissonnier, Paul Gavarni… Mais c’est Gustave Doré qui la poussera le plus loin. Les prouesses techniques des tailles étant de plus en plus complexes, la gravure sur bois de bout deviendra une méthode purement artisanale, laissant peu de place à la spontanéité artistique.

Ce procédé sera en outre utilisé pour la gravure d’interprétation qui permet de reproduire très fidèlement les tableaux des grands maîtres. On parle dans ce cas de bois de teinte, où l’art du traducteur consiste à rendre les valeurs par des traitements différents. Le bois de teinte a pu exister en couleur, il s’agissait alors de graver une planche par coloris ; cette technique est appelée chromoxylographie.

Parfois, au XIXe siècle, pour gagner du temps, la planche de bois était peinte en blanc et l’artiste dessinait directement dessus afin d’éviter le travail de report aux graveurs.

Cette technique, très utilisée entre 1752 et 1870, se reconnaît par la multiplication des détails : les réserves blanches étant particulièrement difficiles à obtenir dans des bois durs aux fibres très denses, le dessinateur multiplie les détails pour faciliter le travail du graveur.

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